Portrait de Narges Mohammadi

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Iran — Culture / médias / célébrités

Narges Mohammadi

Fiche documentée couvrant 18 controverses, dont « Première grande condamnation : 11 ans en 2011, réduits à six ans en appel, puis emprisonnement » et « Rencontre avec Catherine Ashton, nouvelles poursuites puis peine de 16 ans dont dix exécutoires ».

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Fiche Nº 0482 · Mise à jour le 6 septembre 2026

18Controverses documentées
36Sources
0Mise en examen · au total
9Condamnations

I. Controverses documentées

01

2025-2026

Arrestation violente en décembre 2025, accusation de « collaboration avec Israël » puis condamnation à 7,5 ans et exil intérieur

Condamnation

Mohammadi a été arrêtée le 12 décembre 2025 lors d’une cérémonie en mémoire de l’avocat Khosrow Alikordi à Mashhad. Elle et sa famille ont dénoncé des coups de matraque et une interpellation violente ; lors d’un bref contact, elle a indiqué avoir été accusée de « collaboration avec le gouvernement israélien », accusation potentiellement très grave en droit iranien. Le 7 février 2026, elle a reçu une nouvelle peine totale de 7 ans et demi : six ans pour rassemblement et collusion contre la sécurité nationale et dix-huit mois pour propagande contre le gouvernement, avec deux ans d’exil intérieur à Khusf et une interdiction de voyage de deux ans.

Dernière vérification : 20 août 2026

02

2026

Crise cardiaque en détention en 2026, retard de soins spécialisés et suspension médicale sous forte caution

Protagoniste victime

Protagoniste victime — cette procédure n’est pas comptée dans ses mises en examen ou condamnations.

Après sa condamnation de février 2026, Mohammadi a subi une grave dégradation de santé en détention. Sa famille a fait état d’un probable infarctus fin mars, de pertes de connaissance et d’une crise cardiaque sévère. Elle n’a été hospitalisée à Zanjan que début mai ; ses proches ont dénoncé l’impossibilité d’y recevoir les soins spécialisés requis. Le 10 mai, sa peine a été suspendue sous forte caution afin de permettre son transfert à Téhéran. Elle a quitté l’unité de soins cardiaques le 18 mai et a été renvoyée à son domicile, sa famille avertissant qu’un retour en prison mettrait sa vie en danger.

Imputation
Protagoniste victime
Rôle du protagoniste
Protagoniste victime

Dernière vérification : 20 août 2026

03

2024-2025

Permission médicale de 21 jours après une opération, jugée insuffisante par ses soutiens

Protagoniste victime

Protagoniste victime — cette procédure n’est pas comptée dans ses mises en examen ou condamnations.

Le 4 décembre 2024, Mohammadi a obtenu une permission médicale de 21 jours après une opération au cours de laquelle une partie d’un os de sa jambe avait été retirée en raison d’une lésion suspecte. Des médecins et soutiens ont estimé que trois semaines étaient insuffisantes et ont demandé une prolongation d’au moins trois mois. La permission a été prolongée dans les faits pendant plusieurs mois avant sa nouvelle arrestation de décembre 2025.

Imputation
Protagoniste victime
Rôle du protagoniste
Protagoniste victime

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    Tom Lantos Human Rights CommissionNarges MohammadiSource gouvernementaleFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

04

2025

Menaces d’« élimination » et campagne d’intimidation pendant sa liberté médicale en 2025

Statut non précisé

Alors qu’elle se trouvait hors de prison pour raisons médicales, Narges Mohammadi a reçu en juin 2025 plusieurs messages indirects attribués au ministère iranien du Renseignement l’avertissant que des acteurs cherchaient à l’« éliminer ». En juillet, son avocat a également reçu un avertissement lui demandant de cesser interviews, mobilisation et publications. PEN America a parallèlement documenté une campagne de harcèlement et de désinformation visant à obtenir son retour en prison.

Dernière vérification : 20 août 2026

05

2023-2024

Nouvelle peine de 15 mois après le Nobel 2023 et interdictions postérieures

Statut non précisé

En décembre 2023, quelques semaines après l’attribution du prix Nobel de la paix, un tribunal a prononcé une nouvelle peine de quinze mois pour « propagande contre la République islamique ». Le jugement imposait aussi deux ans d’interdiction de voyage, de participation à des groupes politiques ou sociaux, d’usage d’un smartphone et de résidence à Téhéran ou dans les provinces voisines après sa libération.

Statut judiciaire — texte source
15_month_sentence_plus_exile_travel_political_and_phone_bans

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    Front Line DefendersNarges Mohammadi sentenced to an extra 15 months in prisonONGFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

06

2024

Peine supplémentaire d’un an en juin 2024 pour boycott électoral, lettres internationales et dénonciation d’abus

Condamnation

En juin 2024, la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Mohammadi à une année de prison supplémentaire pour « propagande contre l’État ». Le jugement citait son appel au boycott des élections parlementaires, des lettres à des responsables étrangers en soutien aux prisonniers politiques et sa dénonciation d’allégations de torture et d’agression sexuelle contre Dina Ghalibaf.

Sources · 1

  1. [1]
    Human Rights WatchIran Court Hands Down New Sentence Against Nobel LaureateONGFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

07

2024

Nouvelle peine de six mois après une protestation en prison contre l’exécution de Reza Rasai

Statut non précisé

Le 19 octobre 2024, Mohammadi a reçu six mois de prison supplémentaires pour « désobéissance et résistance aux ordres ». Le dossier faisait suite à une protestation organisée le 6 août dans le quartier des femmes d’Evin contre l’exécution du prisonnier politique Reza Rasai.

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    PEN InternationalNarges MOHAMMADIONGFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

08

2023

Peine supplémentaire d’un an en 2023 pour ses écrits sur les violences sexuelles contre des détenues

Condamnation

Début août 2023, un tribunal révolutionnaire a condamné Mohammadi à une année supplémentaire de prison pour « propagande contre le système ». Les faits retenus comprenaient ses écrits depuis la prison décrivant des violences sexuelles contre des femmes arrêtées durant le mouvement « Femme, Vie, Liberté » et ses démarches auprès d’instances internationales.

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    United Nations Special ProceduresAL IRN (20.2023) – communication concerning Narges MohammadiunSource primaire

Dernière vérification : 20 août 2026

09

2023

Accès aux soins conditionné au hijab : refus d’hospitalisation et grève de la faim

Protagoniste victime

Protagoniste victime — cette procédure n’est pas comptée dans ses mises en examen ou condamnations.

À l’automne 2023, les autorités pénitentiaires ont à plusieurs reprises refusé de transférer Mohammadi vers un hôpital extérieur alors que des médecins estimaient nécessaire une prise en charge cardiaque et pulmonaire urgente, parce qu’elle refusait de porter le hijab. Le 6 novembre, elle a commencé une grève de la faim contre le retard des soins et l’obligation de voile pour les détenues lors des transferts médicaux. Elle a finalement été conduite à l’hôpital sans hijab puis a mis fin à la grève.

Rôle du protagoniste
Protagoniste victime

Sources · 3

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
    United Nations Special ProceduresAL IRN (20.2023) – communication concerning Narges MohammadiunSource primaire

Dernière vérification : 20 août 2026

10

2023

Prix Nobel 2023 : condamnation officielle par Téhéran comme décision « biaisée et politique » et controverse nationale

Aucune procédure

L’attribution du prix Nobel de la paix 2023 à Narges Mohammadi a provoqué une réaction officielle hostile de la République islamique. Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné le choix comme « biaisé » et « politiquement motivé », affirmant que le comité récompensait une personne condamnée pour des violations répétées de la loi. La décision a également suscité un débat public marqué en Iran.

Statut judiciaire — texte source
Sans objet

Sources · 3

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
    Norwegian Nobel CommitteeThe Nobel Peace Prize 2023 – AnnouncementSource primaire

Dernière vérification : 20 août 2026

11

2021-2022

Arrestation de novembre 2021 et nouvelle peine de huit ans et deux mois, 74 coups de fouet et exil intérieur

Condamnation

Arrêtée en novembre 2021 lors d’une commémoration d’une victime des manifestations de 2019, Mohammadi a été détenue au secret puis jugée lors d’une audience qu’elle a décrite comme extrêmement brève et sans avocat. En janvier 2022, elle a été condamnée à huit ans et deux mois de prison, 74 coups de fouet, deux ans d’exil intérieur hors de Téhéran et plusieurs interdictions politiques et médiatiques.

Statut judiciaire — texte source
8_year_2_month_sentence_74_lashes_and_restrictions

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    Human Rights WatchIran: New Prison Sentence for Rights DefenderONGFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

12

2022

Nouvelle peine de 15 mois en octobre 2022 avec obligations et interdictions complémentaires

Condamnation

Le 9 octobre 2022, la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Mohammadi par contumace à quinze mois supplémentaires pour « propagande contre l’État », en lien avec son soutien aux familles réclamant justice et à des protestations. Le jugement ajoutait notamment une obligation mensuelle de se présenter à la police, une interdiction de sortie du territoire et d’adhésion à des groupes politiques pendant deux ans, ainsi que des travaux de nettoyage.

Statut judiciaire — texte source
15_month_sentence_plus_two_year_restrictions_and_community_service

Dernière vérification : 20 août 2026

13

2019-2021

Plainte pour violences et harcèlement sexuel en détention, puis nouvelle condamnation à 30 mois et 80 coups de fouet

Condamnation

Mohammadi a affirmé avoir été battue et sexuellement harcelée lors de son transfert forcé d’Evin vers la prison de Zanjan en décembre 2019. Elle a déposé plainte contre des responsables pénitentiaires. Un nouveau dossier a ensuite été ouvert contre elle et, en 2021, elle a été condamnée à trente mois de prison, 80 coups de fouet et une amende, notamment dans le contexte de protestations de détenues et de ses accusations contre l’administration pénitentiaire.

Statut judiciaire — texte source
30_month_sentence_80_lashes_and_fine_reported

Sources · 1

  1. [1]

Dernière vérification : 20 août 2026

14

2014-2020

Rencontre avec Catherine Ashton, nouvelles poursuites puis peine de 16 ans dont dix exécutoires

Condamnation

Après sa rencontre en mars 2014 avec Catherine Ashton, alors cheffe de la diplomatie de l’UE, Mohammadi a été visée par de nouvelles accusations de propagande et de collusion. Arrêtée en 2015, elle a été condamnée en 2016 à un ensemble de peines totalisant seize ans, dont dix ans exécutoires pour la création ou l’activité du groupe LEGAM contre la peine de mort. La condamnation de dix ans a été confirmée en appel. Elle a finalement été libérée en octobre 2020.

Statut judiciaire — texte source
16_year_aggregate_sentence_with_10_year_term_enforced_then_release_2020

Sources · 2

  1. [1]
    Center for Human Rights in IranProminent Rights Defender Faces New Charges for Her Meeting with AshtonONGFiabilité élevée
  2. [2]

Dernière vérification : 20 août 2026

15

2018-2020

2018-2020 : refus et retards de soins en prison, infection post-opératoire, grève de la faim puis COVID-19 sans prise en charge adéquate

Aucune procédure

Pendant l’exécution de sa peine liée au dossier LEGAM, Mohammadi a connu une série de controverses médicales en détention. Des demandes de spécialistes ont été retardées malgré des pathologies graves ; après une hystérectomie en mai 2019, elle a été renvoyée en prison avant la fin de sa convalescence et a développé une infection alors que l’accès aux antibiotiques était dénoncé comme insuffisant. En janvier 2019, elle avait mené avec Nazanin Zaghari-Ratcliffe une grève de la faim contre le refus de soins spécialisés. En juillet 2020, des experts de l’ONU ont demandé des soins urgents après l’apparition de symptômes compatibles avec le COVID-19 et des épisodes de perte de connaissance à la prison de Zanjan.

Sources · 3

  1. [1]
    FIDH / Observatory for the Protection of Human Rights DefendersIran: Deterioration of the medical situation of Ms. Narges MohammadiONGFiabilité élevée
  2. [2]
  3. [3]

Dernière vérification : 20 août 2026

16

2010-2013

Première grande condamnation : 11 ans en 2011, réduits à six ans en appel, puis emprisonnement

Condamnation

Après une arrestation et des poursuites liées à son activité au Centre for Human Rights Defenders, Mohammadi a été condamnée en septembre 2011 à onze ans de prison pour notamment « propagande contre le système » et appartenance à une organisation considérée comme menaçant la sécurité nationale. En appel, la peine a été ramenée à six ans ; elle a commencé à la purger en avril 2012.

Statut judiciaire — texte source
11_year_sentence_reduced_to_6_years_on_appeal

Sources · 2

  1. [1]
    Amnesty InternationalLeading Iran rights activist sentenced to 11 yearsONGFiabilité élevée
  2. [2]

Dernière vérification : 20 août 2026

17

2009

2009 : passeport confisqué, interdiction de sortie et licenciement de son emploi d’ingénieure pour son militantisme

Aucune procédure

En 2009, alors qu’elle travaillait depuis environ huit ans pour Iran Engineering Inspection Company, Mohammadi a déclaré avoir été licenciée sur instruction liée à ses activités au Defenders of Human Rights Center. La même année, son passeport a été confisqué et elle a été empêchée de quitter le pays pour participer à une réunion à l’étranger. Elle a rapporté que des agents du renseignement lui avaient demandé de quitter ses organisations de défense des droits et de rompre avec Shirin Ebadi, sous peine de nouvelles restrictions et d’arrestation.

Dernière vérification : 20 août 2026

18

1998

Première arrestation en 1998 pour ses critiques du gouvernement et peine d’un an rapportée comme avec sursis

Condamnation

Les biographies de Mohammadi situent sa première arrestation en 1998, alors qu’elle écrivait et militait contre les politiques du gouvernement iranien. IranWire rapporte qu’après quelques jours de détention elle a reçu une peine d’un an avec sursis ; d’autres synthèses ultérieures disent qu’elle a passé un an en prison. Pour éviter d’affirmer au-delà des sources convergentes, la fiche retient l’arrestation et la condamnation d’un an tout en signalant l’incertitude sur l’exécution effective de cette peine.

Statut judiciaire — texte source
one_year_sentence_reported;_execution_status_disputed_between_sources

Sources · 2

  1. [1]
  2. [2]
    Iran Human RightsNarges MohammadiONGFiabilité élevée

Dernière vérification : 20 août 2026

II. Constellation des liens documentés

Chaque lien renvoie à une relation importée ou à une mention documentée dans une fiche. Une mention documentée ne prouve pas, à elle seule, une relation personnelle.

Liste des liens documentés
  1. Mars2 références
    • Mention dans « Rencontre avec Catherine Ashton, nouvelles poursuites puis peine de 16 ans dont dix exécutoires » — La fiche de Narges Mohammadi cite Mars.
    • Mention dans « Crise cardiaque en détention en 2026, retard de soins spécialisés et suspension médicale sous forte caution » — La fiche de Narges Mohammadi cite Mars.
  2. Shirin Ebadi1 référence
    • Mention dans « 2009 : passeport confisqué, interdiction de sortie et licenciement de son emploi d’ingénieure pour son militantisme » — La fiche de Narges Mohammadi cite Shirin Ebadi.
  3. Target1 référence
    • Mention dans « Menaces d’« élimination » et campagne d’intimidation pendant sa liberté médicale en 2025 » — La fiche de Narges Mohammadi cite Target.

III. Votre avis sur cette fiche

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